La Manic

Le  lac Manicouagan, parfois appelé l’« œil du Québec », est un cratère météoritique qui a été inondé par l’édification du barrage Daniel-Johnson sur la rivière Manicouagan. Situé dans la région administrative de la Côte-Nord, au Québec, le réservoir, d’une superficie de 2 000 km2 et d’une profondeur moyenne de 73 mètres, est un des plus gros réservoirs du monde en volume et en profondeur. Il alimente les centrales hydroélectriques des Manic 5 et 5A. Le lac est proche des villes de Baie-Comeau et de Gagnon.
Georges Dor (1931- 2001) est auteur, essayiste, compositeur, dramaturge, chanteur, poète, traducteur, producteur et réalisateur de théâtre québécois. Il travaille à Radio-Canada, il est aussi collaborateur au journal Libre Nation.  Il commence à chanter début 1965 et sort son premier album en 1966 dont une des chansons est  « La Complainte de La Manic ». Les paroles sont celles d’une lettre d’amour écrite par un ouvrier de construction sur le projet de barrage hydroélectrique de Manicouagan. La chanson devient un succès sans précédent.

Si tu savais comme on s’ennuie
À la Manic
Tu m’écrirais bien plus souvent
À la Manicouagan
Parfois je pense à toi si fort
Je recrée ton âme et ton corps
Je te regarde et m’émerveille
Je me prolonge en toi
Comme le fleuve dans la mer
Et la fleur dans l’abeille

Que deviennent quand je suis pas là,
Mon bel amour,
Ton front doux comme fine soie
Et tes yeux de velours ?
Te tournes-tu vers la côte nord
Pour voir un peu, pour voir encore
Ma main qui te fait signe d’attendre ?
Soir et matin je tends les bras
Je te rejoins où que tu sois
Et je te garde

Dis-moi ce qui se passe à Trois-Rivières
Et à Québec
Là où la vie a tant à faire
Et tout ce qu’on fait avec
Dis-moi ce qui se passe à Montréal,
Dans les rues sales et transversales
Où tu es toujours la plus belle,
Car la laideur ne t’atteint pas,
Toi que j’aimerai jusqu’au trépas,
Mon éternelle

Nous autres on fait les fanfarons
À cœur de jour
Mais on est tous de bons larrons
Cloués à leurs amours.
Y en a qui jouent de la guitare,
D’autres qui jouent de l’accordéon
Pour passer le temps quand y est trop long
Mais moi, je joue de mes amours
Et je danse en disant ton nom,
Tellement je t’aime

Si tu savais comme on s’ennuie
À la Manic
Tu m’écrirais bien plus souvent
À la Manicouagan
Si t’as pas grande chose à me dire,
Écris cent fois les mots « Je t’aime »:
Ça fera le plus beau des poèmes.
Je le lirai cent fois…
Cent fois cent fois c’est pas beaucoup
Pour ceux qui s’aiment

Si tu savais comme on s’ennuie
À la Manic
Tu m’écrirais bien plus souvent
À la Manicouagan.