*Le cueilleur d’arbres

Dans le massif du Jura nous pénétrons dans la forêt du Risoux située à mille mètres d’altitude où se cache le bois de résonance ou bois d’harmonie … « La région bénéficie d’un climat rude qui procure aux arbres un maximum de 3 mois de pousse par année. Leur croissance est lente et c’est âgés de plus de 300 ans qu’ils sont abattus, en lune descendante et hors sève. Les instruments y sont manufacturés à partir d’épicéa de résonance. L’épicéa de la forêt du Risoux est mondialement connu pour son excellente réponse aux vibrations des cordes.« . Lorenzo Pellegrini, cueilleur d’arbres, commence une quête pour dénicher les épicéas qui donneront de futurs instruments de musique.


A CA PortraitB CA MainsC CA TourneSur France Culture : Champ libre (1/1) : « De la forêt à la musique… les voyages du bois de résonance »

Rien n’est plus beau qu’un arbre

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« Un grand-père raconte à son petit-fils que rien n’est plus beau qu’un arbre.
-Regarde, regarde les arbres comme ils travaillent.
-Qu’est ce qu’ils font grand-père ?
-Ils rattachent la terre au ciel. Et cela, c’est très difficile. Vois-tu, le ciel est si léger qu’il est toujours sur le point de prendre la fuite. S’il n’y avait pas d’arbre, il nous dirait adieu le ciel. Alors, il ne nous resterait plus qu’a mourir. Mais,  heureusement, il y a les arbres. Regarde ce tronc rugueux, tu vois. C’est comme une grosse corde. Il y a même des nœuds dedans. Mais à chaque bout, les fils de la corde se desserrent et s’élargissent pour s’accrocher au ciel et à la terre. On les appelle des branches en haut et des racines en bas. Mais c’est la même chose. Les racines cherchent leur chemin dans le sol de la même manière que les branches cherchent leur chemin dans le ciel.
-Mais grand-père, c’est plus difficile d’entrer dans le sol que dans le ciel !
-Hé non mon fils. Si c’était vrai, les branches seraient droites. Et vois comme elles sont tordues sur le vieux pommier ! Elles doivent aussi chercher leur chemin. Elles poussent.
Elles changent de direction. Elles ont parfois bien plus de mal que les racines.
-Et qu’est-ce qui leur donne tout ce mal, grand-père ?
-C’est le vent. Le vent voudrait séparer le ciel et la terre. Les arbres tiennent bon. Mais c’est une sacrée bataille.« 

                            Pierre-Jakez Hélias, Le cheval d’orgueil